Croisière

Je viens de fumer du Boaty McBoatface

Je suis en croisière sur YouTube, et je tombe sur le nouveau single de Polo & Pan. Les paroles me frappent.

Pourtant, on m’a prévenu de garder les pieds sur terre, comme je vogue en solitaire, l’inconnu en tête. J’ai voulu goûter le fruit d’une plante légendaire. J’avais envie de vivre des choses extraordinaires.

Je ne sais pas pourquoi, je me fais du cinéma. Je dirige le script d’un film où elle n’est pas là. Je devine parfois son sourire dans la caméra, le souvenir de sa voix, mais je ne m’en souviens pas.

Et si ce n’était pas du cinéma? Si ce rêve n’en était pas un? S’il se concrétisait avec chaque pas? Oh, comme j’aimerais sentir son parfum sur mes draps.

Je veux ses beaux yeux qui me communiquent un amour connecté en ligne, lorsqu’elle m’envoie des selfies. Ces yeux sont gravés sur la carte mémoire de mon téléphone. Je serai très triste si mon bon vieux iPhone 7 décidait de rendre l’âme.

Peut-être qu’un jour on va se rencontrer. J’y compte. Mais pas tout de suite. J’aime l’illusion de l’avoir, mais j’ai aussi peur qu’elle m’oublie. Alors j’écris. J’écris et j’écris. Et j’ai ses yeux, seulement en photo. Elle est mon ange, ma déesse, ma muse, et elle me donne des ailes. Bientôt, j’apprendrai à les utiliser, je m’envolerai. Après la seconde vague de Covid, quand elle aura lieu. Touchons du bois.

J’écoute les nouveaux single de Agar Agar et j’ai envie de fumer le plus gros des joints avec ma muse. De faire tout un tas de shotgun kisses avec elle. (C’est quand on souffle la fumée dans la bouche de l’autre après une bonne bouffée de weed.) Puis, on passerait la soirée à s’embrasser. Notre amour mutuel du bédo, cette électricité dans l’air, nos sourires imbéciles… un avant-goût de longues heures de plaisir à venir. On se sentira bien, on se sera libérés de nos inhibitions, et notre première rencontre se déroule à ravir.

Je lui dis enfin ce que je ressens pour elle, ces mots stupides que je me retiens de lui dire depuis un bon mois déjà. On est là, dans la même pièce, ou dans la même cité, sur le même banc de parc, peut-être sur la même banquette arrière de la même bagnole. On s’embrasse, on se caresse, on se goûte. Elle est le fruit d’une plante légendaire que j’avais tant envie de goûter. Son parfum emplit mes narines et j’ai envie de rire tant je suis heureux. Sa langue goûte la pêche, comme dans cette histoire que j’ai écrite il y a de cela une éternité, quand on tâtonnait nos claviers, qu’on apprenait à se connaître.

On s’embrasse, complètement foncedés. On se trouve alignés sur la même fréquence. On s’adore. On laisse les lettres de côté.

Ses yeux — ses si beaux yeux — se dissimulent derrière ses paupières comme on se laisse aller à nos passions. Elle entraîne ma main vers son ventre, et je sais où ça s’en va.

On va vivre des choses extraordinaires.

Je laisse le reste à l’imagination.

 

Dédié à O.

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