Q u a r a n t a i n e

Par Milan Loranger

2020

Les cent vingt jours de quarantaine s’allongent et l’été s’en vient.

L’ennui me tue.

Je vis seul, je n’ai pas d’animaux, je n’ai pas de famille proche en France, exilé de mon Québec natal. Pour mes études. Les universités ont fermé leurs portes.

Je passe donc mes journées à ma fenêtre, à attendre. Que le monde reparte? Non. J’attends qu’Elle se pointe. Ma voisine.

Je ne connais pas son prénom, je ne connais pas son âge, on ne s’est jamais parlé avant le confinement. Tout ce que je sais, c’est qu’elle est des plus mignonne, et qu’elle passe beaucoup de temps sur son balcon. Elle boit, elle danse, elle lit des romans, elle se fait bronzer. Comme moi, elle vit seule. Je commence à connaître ses horaires : tous les jours, à toute heure.

Je l’observe. J’aimerais être à ses côtés plutôt que seul, chez moi, derrière ma fenêtre.

Pas si loin de ça, il y a la mer. Je m’imagine avec elle, dans le sable. Elle bronze, enlève son haut, me demande d’étendre de la crème sur sa peau. Les vagues engloutissent mes fabulations.

À une quinzaine de mètres de là, elle est étendue sur sa chaise longue.

Je m’appuie sur le rebord de la fenêtre. Il y a un petit sourire sur son joli minois comme elle se redresse. Un grand chapeau et d’énormes lunettes dissimulent une bonne partie de son visage, mais jamais je n’oublierai ce petit sourire. Comme si elle savait que je la regardais. C’est à ce moment qu’elle a enlevé son haut. Et pas seulement dans ma tête.

Sa petite poitrine se révèle être des plus parfaites. Moi qui me sentais bander en l’observant, voilà que ma bite pointe au nord, comme une boussole, tout à coup. Je ne peux rien y faire. Je retiens mon souffle. Les marques de bronzage qui couvrent ses seins révèlent à mon regard ce qu’elle n’autorise que certains heureux élus à admirer.

Je perds toute contenance comme elle détache le bas de son maillot, et qu’elle envoie le morceau de tissu valser au sol.

Son pubis recouvert d’une douce toison de jais est encerclé d’un halo de pâleur, à l’instar de ses seins. Une jungle affriolante de merveilles attise le feu de ma gourmandise, et j’ai tout à coup l’envie intense d’ouvrir la fenêtre, de héler le nom de ma voisine, puis de sauter dans le vide pour la rejoindre.

Je ne fais rien de tel, car je ne suis pas con, et que j’habite au cinquième. La chute s’avérerait douloureuse.

Au lieu de cela, je décide de régler le problème qui m’accapare, sous mon caleçon boxer. Et elle lit dans mes pensées.

Tandis qu’une main masse son sein gauche, l’autre descend vers sa chatte. Doucement, lentement, elle stimule son clito. La danse commence. Un doigt, puis deux, puis trois. Je vois ses traits se crisper, sa bouche former un grand O. Son chapeau tombe, elle retire ses verres fumés. Ses paupières sont closes, proies d’une émotion vive, soudaine, intense. Je lis sur ses lèvres les mots qu’elle clame comme elle rejoint le climax de son orgasme.

Aujourd’hui, c’est sec, et il fait chaud. Une grande éclaboussure dépeint sa chaise longue, à l’endroit où elle était assise. Moi, c’est sur mon mur. Une longue coulée descend vers la plinthe, et je m’en fous. Je n’arrive pas à quitter du regard ma voisine. Comme elle s’essuie la chatte à l’aide de sa serviette, elle lève le regard en ma direction. Sur ses lèvres, le même petit sourire.

Est-ce un clin d’œil à mon égard que j’ai décelé?

 

*

 

Ma voisine et moi, on se fréquente depuis quelques semaines.

C’est pas légal, en raison du confinement, mais on s’en balance. On a tous deux des besoins pressants. C’est pas pour rien qu’elle s’exhibait presque tous les jours devant sa fenêtre, ou sur son balcon; pas pour rien que chaque fois, elle poussait les choses un peu plus loin.

Et si s’exposer à mes yeux attentifs l’excitait, ce n’était pas assez, à la longue, pour elle. Je n’ai jamais entendu quelqu’un répondre « Oui! » si rapidement, lorsque je l’ai invitée à pousser les choses plus loin.

Après nos séances de voyeurisme, je croyais déjà tout connaître de son corps, et elle ne connaissait rien du mien. J’ai donc proposé qu’on éteigne les lumières, qu’on joue dans l’obscurité, qu’on profite de la noirceur pour se découvrir à l’aide de nos autres sens. Dos à dos, on quitte nos vêtements et on s’abrite sous la couverture.

J’entame les préliminaires en caressant sa cuisse. Comme j’ai attendu longtemps de pouvoir toucher ces jambes! Tous les jours, sur son balcon, à se faire bronzer… elles sont douces, mes doigts y glissent comme sur du satin. Elle frissonne sous mes caresses. Je murmure son nom comme ma main monte, lente, vers ses fesses. Ma voisine se colle contre moi, se blottit dans mes bras. J’ai envie de m’arrêter là comme la sensation de son corps nu contre le mien est si agréable; je pourrais m’endormir. Cependant, il y a un problème à régler, et il se présente sous la forme d’une érection s’éveillant, s’avançant petit à petit vers le bas du ventre de ma voisine.

Je ne veux pas qu’elle découvre ainsi mon membre; je m’écarte donc d’elle, et me redresse. Elle me demande ce que je fous, je la rassure. Je l’invite à se tourner sur le ventre en maniant ses hanches à deux mains.

Voilà ses fesses qui pointent vers mon visage. Le message paraît clair, malgré la pénombre.

Je me penche pour déposer un baiser sur la fesse gauche, puis la droite. C’est moelleux, c’est chaud, c’est divin. Je sors la langue, décris un parcours sinueux d’une colline à l’autre. Elle rigole; je la chatouille. Je continue ce manège quelques minutes, puis je croque. Comme dans une pomme macintosh. Elle échappe un petit cri de surprise, mais se met aussitôt à glousser de nouveau. Je devine que j’ai laissé une marque.

Ma langue reprend le contrôle, et elle fourre ses mains dans mes cheveux. Ma tendre voisine tente de me repayer en douceur, alors que je m’apprête à lui faire connaître un univers de délices. Je me rapproche de plus en plus de son centre, et elle commence à gémir piteusement.

C’est alors que j’arrive à destination, mais pas celle à laquelle elle s’attendait. Elle lâche un « Oh! » comme je plante ma langue dans son anus. Je devine qu’elle n’a jamais connu un tel plaisir, car ses ongles se plantent dans mon cuir chevelu.

Avec ma main, je masse son clito, avec ma bouche, je procure un soin digne du plus grand linguiste à ce petit trou trop longtemps négligé.

Une demi-heure passe, et je sens mes doigts se rider à l’intérieur de son vagin, comme elle me supplie de ne pas arrêter. Ma main obéit, mais ma bouche en a eu assez. On passe aux choses sérieuses. Je lui demande si elle est prête. Elle me garantit que oui. J’approche donc ma verge, si dure, si esseulée depuis le début des préliminaires, et je la dépose contre son cul. Elle m’avoue que c’est sa première fois. Je recule.

« Dans ce cas, ce sera toi, sur le dessus. » Je me couche sur le dos, dans les couvertures rendues trempes. Elle se poste au-dessus de moi, à croupetons sur ma queue.

« Descends, quand tu seras prête. Et ne va pas plus loin que ce que tu es capable de prendre. »

Je la rassure, tout va bien aller. J’ai de l’expérience, elle non. Je la guide de mes mains habituées. Elle joue les pucelles, fait mine de crier.

Quand ma queue la pénètre enfin, elle braille un moment, s’arrête, recommence, s’arrête de nouveau. J’ai bien lubrifié la chose, et elle se sent soudain glisser sans problème sur mon gland, puis sur ma bite en entier. Voilà, ça y est. Le manège est entamé.

*

Quelques jours plus tard, on se rappelle. Elle veut que je mette ma queue dans son cul de nouveau. Ses doigts ne lui suffisent plus.

J’accepte volontiers.

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