ces écrans phosphorescents
m’attirent comme des nymphes
je me branche
sur mes chaînes
sous-espèce
scientifiquement attestée
je m’apitoie
sur l’homme d’antan
né sous la mauvaise
étoile
forcené de la servilité
Esclave antique
ou moderne
ma conscience
ma vie rythmée
aucune place
au silence
le néon
bâillonne ma vie
dévouée
au travail
le monde menace
de m’effondrer
le fouet laisse sa place
à l’anxiété
la peur
d’une existence
sans duvet
esclave des technologies
de la malbouffe
du mariage
de la pornographie
de la religion
de la drogue
du jeu
se complaît
dans l’ignorance
de sa condition

